Here I Am

« No baby knows when the nipple is pulled from his mouth for the last time. No child knows when he last calls his mother ‘Mama.’ No small boy knows when the book has closed on the last bedtime story that will ever be read to him. No boy knows when the water drains from the last bath he will ever take with his brother. »
– Jonathan Safran Foer, Here I Am

Le génie des lieux

Cette belle série de France Culture sur l’architecture moderne (et nécessairement l’urbanisme attenant) a joliment accompagné mon été : Le génie des lieux. Je recommande un podcastage intense, d’autant que chaque épisode ne dure d’une demi-heure, c’est assez facile à entreprendre.

Les lieux évoqués sont : la maison de Jean Prouvé (à Nancy), le Centre Pompidou, les Olympiades, l’aéroport d’Orly, la Grande-Motte, la chapelle de Ronchamp par Le Corbusier, le supermarché de Ris-Orangis par Claude Parent, et La Défense.

Art kills time

“Art’s a funny thing, doesn’t seem to have any connection with our lives, just gets itself made—and when it is good there’s no time in it at all. Kills time, that’s art. Brings up a lot of old ideas we thought were dead. Not dead at all. Time can’t kill anything, says art. Art kills time.”
— William Carlos Williams, A Voyage to Pagany

Nouvelle Ville

« Delouvrier, mettez-moi de l’ordre dans ce bordel ! », citation apocryphe de De Gaulle à Paul Delouvrier, qui créera les cinq Villes Nouvelles de la région parisienne.

Les deux balades sonores consacrées à la ville de Cergy par Les Voix d’Ici sont une réussite fabuleuse.
C’est sympatique, rigoureux, passionnant et même parfois émouvant.

A télécharger ici et à écouter avec ses pieds, à 50 minutes de RER de Châtelet :

Peau de chagrin

« L’amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d’un moelleux tissu d’Orient, et, la plupart du temps, il la possède sur un grabat. L’ambitieux se rêve au faîte du pouvoir, tout en s’aplatissant dans la boue du servilisme. Le marchand végète au fond d’une boutique humide et malsaine, en élevant un vaste hôtel, d’où son fils, héritier précoce, sera chassé par une licitation fraternelle. Enfin, existe-t-il chose plus déplaisante qu’une maison de plaisir ? Singulier problème ! Toujours en opposition avec lui-même, trompant ses espérances par ses maux présents, et ses maux par un avenir qui ne lui appartient pas, l’homme imprime à tous ses actes le caractère de l’inconséquence et de la faiblesse. Ici-bas, rien n’est complet que le malheur. »

« J’avais, sans doute, trop de naïveté pour une société factice qui vit aux lumières, qui rend toutes ses pensées par des phrases convenues, ou par des mots que dicte la mode. »

« Au moment, où tout à fait absorbé par sa douce rêverie, Raphaël avait oublié son journal, Pauline le saisit, le chiffona, en fit une boule, le lança dans le jardin et le chat courut après la politique qui tournait, comme toujours, sur elle-même. »

— Honoré de Balzac, La Peau de chagrin

The absence of noise

« There are some resources that we hold in common, such as the air we breathe and the water we drink. We take them for granted, but their widespread availability makes everything else we do possible.
I think the absence of noise is a resource of just this sort. More precisely, the valuable thing that we take for granted is the condition of not being addressed. Just as clean air makes respiration possible, silence, in this broader sense, is what makes it possible to think. »

— Matthew B. Crawford, The World Beyond Your Head: On Becoming an Individual in an Age of Distraction