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Top 2018

Mes 25 albums préférés de l’année passée, illustrés chacun par un titre (du n°1 au n°25) :

En bonus, une playlist de morceaux cools de 2018 qui sont soit des singles soit sur des albums non présents dans la liste ci-dessus :

Exulansis

Tiré du magnifique Dictionnary of Obscure Sorrows :

exulansis
n. the tendency to give up trying to talk about an experience because people are unable to relate to it—whether through envy or pity or simple foreignness—which allows it to drift away from the rest of your life story, until the memory itself feels out of place, almost mythical, wandering restlessly in the fog, no longer even looking for a place to land.

La domination

« La défense des dominés n’est pas conditionnée par le fait de savoir s’ils sont aimables ou pas, il faut se battre contre la domination, point. C’est ce que je tente de faire (…) : je parle du milieu populaire de mon enfance, et quand je le fais j’essaye d’être le plus juste possible, et on peut être juste sans amour. »
— Édouard Louis, entretien avec l’Humanité, 14 janvier 2016

How banal

« Everything in this society – in the way we live – conspires to eliminate all but the most banal level of feelings. » — Susan Sontag

« The new rebels might be artists willing to risk the yawn, the rolled eyes, the cool smile, the nudged ribs, the parody of gifted ironists, the ‘Oh, how banal.’ To risk accusations of sentimentality, melodrama. Of overcredulity. Of softness. » — David Foster Wallace

Le bœuf mode

« Je voudrais bien réussir aussi bien que vous ce que je vais faire cette nuit, que mon style soit aussi brillant, aussi clair, aussi solide que votre gelée – que mes idées soient aussi savoureuses que vos carottes et aussi nourrissantes et fraîches que votre viande. En attendant d’avoir terminé mon œuvre, je vous félicite de la vôtre. »
— Marcel Proust, lettre à Céline Cottin, sa femme de chambre, 12 juillet 1909.

Prends ma main

En 2014, sur Indiectators, j’ai commis cette playlist et ce texte. Je les redécouvre (à moitié) trois ans plus tard, et je me dis que ça mérite d’être conservé ici aussi.

Viens, prends ma main. On dirait qu’on se découvre adultes mais qu’on a encore l’air gauche dans ces beaux habits. Qu’on va en bande se rouler sur les buttes herbeuses du parc et qu’on s’envole sur les toits des cathédrales. Qu’on se copie des cassettes, qu’on n’a plus de feuilles petits carreaux et qu’on sonne à ton appartement. Excuse moi de te déranger mais.
On dirait qu’on prend la voiture de ton père pour aller voir la mer éblouissante, et les brumes laiteuses de Brocéliande. Que le théâtre du monde est encore infini, et notre placement encore libre.
On dirait que pour un petit moment de nos vies, on s’aime sans arriver à se le dire et que cette douleur sourde sera notre plus beau souvenir.

Un rayon de lumière

J’aime découvrir de la musique grâce à des playlists. Le goût et l’esprit de sélection mis en œuvre par un humain permettent de s’ouvrir l’esprit, et pour le moment les algorithmes ne fonctionnent pas. Une sélection personnelle, ce sont des sons qui font vibrer l’air, mais aussi une âme en résonance de ces sons, que leur partage nous permet d’approcher ; le sentiment de combler un petit peu, pour quelques dizaines de minutes, notre fatale incommuniquabilité.

On n’est guère mieux servi que par soi-même. Je vous propose un nouveau site web, aidé par quelques camarades dont j’espère les rangs vont grossir, dédié à cette résolution volontairement minimale d’offrir une playlist différente chaque semaine et très peu d’éditorial. Cela s’intitule Crack of Light, pour des raisons qui seront probablement évidentes. Bonne écoute.