Pleasure and pain

« But now realise that TV and popular film and most kinds of ‘low’ art – which just means art whose primary aim is to make money – is lucrative precisely because it recognises that audiences prefer 100 per cent pleasure to the reality that tends to be 49 per cent pleasure and 51 per cent pain. Whereas ‘serious’ art, which is not primarily about getting money out of you, is more apt to make you uncomfortable, or to force you to work hard to access its pleasures, the same way that in real life true pleasure is usually a by-product of hard work and discomfort. So it’s hard for an art audience, especially a young one that’s been raised to expect art to be 100 per cent pleasurable and to make that pleasure effortless, to read and appreciate serious fiction. That’s not good. The problem isn’t that today’s readership is ‘dumb’, I don’t think. Just that TV and the commercial-art culture’s trained it to be sort of lazy and childish in its expectations. »
– David Foster Wallace, in a 1993 interview.

En écoutant Enya

Saudade

José de Almeida Júnior, Saudade (1899, Pinacothèque de l’État de São Paulo)

« Je parle d’un sentiment plus proche de la notion portugaise de saudade, une personne, un lieu ou un sentiment de la vie irrémédiablement perdu ; une ombre intime qui vous accompagne partout et qui, même si vous l’oubliez le plus souvent, peut à tout moment vous déchirer le cœur, une sentimentalité obstinée, une violente colère à l’idée que vous n’êtes pas là où vous aimeriez être, une mélancolie irrationnelle et enfantine, née de la conviction que vous vous êtes vous-même induit en erreur et dupé en épousant un mode de vie auquel vous n’avez jamais réussi à adhérer complètement. »
– Jim Harrison, En Marge

Quit the News!

David Cain : Five Things You Notice When You Quit the News

« The news provides information in infinite volume but very limited depth, and it’s clearly meant to agitate us more than educate us. Every minute spent watching news is a minute you are unavailable for learning about the world in other ways.
Read three books on a topic and you know more about it than 99% of the world. »

J’applique les conseils proposés par D. Cain depuis de nombreuses années, à la fois par choix conscient et en préservation de ma santé mentale. Les rechutes, dans la salle d’attente d’un médecin ou devant l’écran d’un lieu public branché sur une chaîne d’« informations », sont assez peu agréables et me confirment dans mon hygiène de vie.

It hurts to look at you

Une belle oral history de la série My So-Called Life, avec mon chouchou Brian Krakow qui 22 ans après est toujours le plus intelligent : The Agony And The Angst : An Oral History of My So-Called Life (Elle.com).

Si vous en voulez plus, quelques dollars permettent d’acquérir le livre génial de Soraya Roberts : In My Humble Opinion. C’est subtil, moderne, réjouissant et très très bien écrit.

Le langage

« Les travaux par lesquels LeBov fut connu, finalement, traitaient du problème du langage, le mot problème étant, selon lui, un euphémisme. Il soutint durant la plus grande partie de sa vie professionnelle que le langage devait être compris, abstraction faite de son utilité marginale en tant que technique de communication – peut-on honnêtement dire que ça fonctionne ? – comme une pollution. »
— Ben Marcus, L’Alphabet de flammes

La frange sordide

« [Dans une ville] il doit y avoir par endroits des franges un peu sordides où des services ou activités très importantes mais payant de très faibles loyers peuvent s’implanter. Où peuvent aller les bouquinistes, le naturaliste, le magasin de papillons, le studio du professeur de musique, le magasin philanthropique, la personne qui fait des cuillères en bois, le dessinateur de lettres, le marchand de pommes et de caramels, le réparateur de trombones, la clinique alcoolique, la librairie pornographique, le marchand de haschich. C’est tout ça qui fait qu’une ville est une ville au moins autant que cette maudite architecture. »
— Michael Welbank, architecte et urbaniste, courrier de 1968 à l’Etablissement Public d’Aménagement de Cergy-Pontoise.

Here I Am

« No baby knows when the nipple is pulled from his mouth for the last time. No child knows when he last calls his mother ‘Mama.’ No small boy knows when the book has closed on the last bedtime story that will ever be read to him. No boy knows when the water drains from the last bath he will ever take with his brother. »
– Jonathan Safran Foer, Here I Am

Le génie des lieux

Cette belle série de France Culture sur l’architecture moderne (et nécessairement l’urbanisme attenant) a joliment accompagné mon été : Le génie des lieux. Je recommande un podcastage intense, d’autant que chaque épisode ne dure d’une demi-heure, c’est assez facile à entreprendre.

Les lieux évoqués sont : la maison de Jean Prouvé (à Nancy), le Centre Pompidou, les Olympiades, l’aéroport d’Orly, la Grande-Motte, la chapelle de Ronchamp par Le Corbusier, le supermarché de Ris-Orangis par Claude Parent, et La Défense.