Charles de Gaulle : Discours de Phnom-Penh, 1er septembre 1966

Bref, pour longue et dure que doive être l’épreuve, la France tient pour certain qu’elle n’aura pas de solution militaire. (…) La France le dit au nom de son expérience et de son désintéressement. (…) Elle le dit à cause de l’amitié exceptionnelle et deux fois séculaire que, d’autre part, elle porte à l’Amérique, de l’idée que, jusqu’à présent elle s’en était faite, comme celle-ci se la faisait d’elle-même, savoir celle d’un pays champion de la conception suivant laquelle il faut laisser les peuples disposer à leur façon de leur propre destin. Elle le dit compte tenu des avertissements que Paris a depuis longtemps multipliés à l’égard de Washington quand rien encore n’avait été commis d’irréparable. Elle le dit, enfin, avec la conviction, qu’au degré de puissance, de richesse, de rayonnement, auquel les États-Unis sont actuellement parvenus, le fait de renoncer, à leur tour, à une expédition lointaine dès lors qu’elle apparaît sans bénéfice et sans justification et de lui préférer un arrangement international organisant la paix et le développement d’une importante région du monde, n’aurait rien, en définitive, qui puisse blesser leur fierté, contrarier leur idéal et nuire à leurs intérêts. Au contraire, en prenant une voie aussi conforme au génie de l’Occident, quelle audience les États-Unis retrouveraient-ils d’un bout à l’autre du monde et quelle chance recouvrerait la paix sur place et partout ailleurs ! En tout cas, faute d’en venir là, aucune médiation n’offrira une perspective de succès et c’est pourquoi la France, pour sa part, n’a jamais pensé et ne pense pas à en proposer aucune.

Ecrits par (et sur) Gandhi, en grand nombre.

Je recherche des informations sur les Tribunaux Russell, si quelqu’un a des pages bien faites à suggérer…

Les plus mals chaussés

Les plus mals chaussés

Le Soulier de Satin, donc. J’y suis allé plein de bonne volonté, porté par la réputation quasi-mythologique de la pièce et la promesse avancée par le nom de Jeanne Balibar, actrice exquise s’il en fut. Je n’ai qu’une conclusion : quel emmerdemment !

Et pourtant, la mise en scène, ingénieuse, et l’interprétation, incarnée, sont sans défauts… ce qui déporte sur le texte abscons de Claudel toute la faute et toute ma mésestime. Thuriféraires de Claudel, vous avez déjà lu la pièce ; professionnels de la profession théâtrale, vous aimez l’idée d’une performance de dix heures de représentation et celle, baroque, de la scène comme représentation complice du monde.. le Soulier est pour vous et vous parlera. Tous les autres, évitez cette langue boursouflée (poétique, disait-on à l’époque), ces enchaînements incompréhensibles, ces personnages incohérents, ce catholicisme pesant dont Claudel n’a retenu qu’un mysticisme furieux et un papisme borné (situer, même vaguement, sa pièce à l’époque de la Contre-Réforme et n’y placer que des certitudes et des professions de foi, mon Dieu !..), ces interludes comiques d’une démagogie affligeante (certaines aigreurs contre la langue, les traditions de la culture ou l’enseignement ne dépareraient pas, expurgées de leurs mots de plus de trois syllabes, sur TF1), cet étirement enfin…

Avoir été pétainiste, passe encore, se piquer d’écrire du théâtre, pourquoi pas, mais allonger sur dix heures ce que l’on pourrait énoncer en deux, parce que l’on traite chaque réplique comme un monologue de vingt minutes de prose poétique, il y a là une offense consciente au spectateur « de base », point spécialiste de la chose théâtrale, ostensiblement méprisé. Découper en quatre journées (dont, il faut le reconnaître, la première se laisse agréablement vivre) ce qui ne constitue en définitive qu’une unique histoire, quel gâchis…

Paul Claudel avait certainement un message à faire passer (selon Nabokov, la plus exécrable des littératures, soit dit en passant), peut-être un beau message moderne, mais il perd même le plus désireux de ces spectateurs en cours de route (en tous cas de ceux, à l’œil innocent, qui ne sont pas sectateurs de son culte). C’est assez triste, au fond.

Les mines antipersonnel à effet de souffle sont généralement enfouies à moins de 4 cm dans le sol ou posées en surface et camouflées. Déclenchées par la simple pression d’un pas, elles explosent en provoquant l’amputation traumatique ou des dégâts qui causeront une amputation chirurgicale d’un ou de plusieurs membres, et des blessures secondaires. Les mines antipersonnel à fragmentation sont installées montées au-dessus du sol, sur des piquets, attachées à des arbres ou des buissons et ensuite camouflées. Elles sont habituellement reliées à des fils-pièges : une traction d’un kilo suffit à déclencher l’explosion. Les mines antipersonnel à fragmentation directionnelles sont également reliées à des fils-pièges et projettent, dans un rayon de 50 mètres et sur 60 degrés environ, des billes ou des éclats métalliques (200 à 600) qui peuvent tuer et entraîner une amputation traumatique. Propulsées en l’air par une première charge, les mines à fragmentation bondissantes explosent en projetant des billes ou des éclats métalliques dans un rayon minimum de 25 mètres et sur 360 degrés, causant, suivant leur hauteur, des blessures létales ou graves, toutes les parties du corps pouvant être atteintes. Les mines mises en place à distance peuvent être à fragmentation ou à effet de souffle, même si cette dernière catégorie est la plus répandue. Elles ont clairement une fonction militaire prolongée, et rien n’est fait pour diminuer les risques des populations non combattantes. Parmi elles, il faut citer la tristement célèbre mine soviétique « papillon », particulièrement attirante pour les enfants, larguée par dizaines de milliers sur l’Afghanistan.

UXO

UXO

Samedi 4 octobre 2003 : 9èmes Pyramides de Chaussures contre les Mines

Dans 30 villes de France de 10h à 19h

Social costs of landmines in Bosnia, Afghanistan, Cambodia and Mozambique

  • One household in 20 reported a land mine victim, a third of these dying in the blast.
  • One in ten of the 2100 land mine victims encountered was a child.
  • Without mines, agricultural production could increase by 88-200% in Afghanistan, 11% in Bosnia, 135% in Cambodia and 3.6% in Mozambique.

Le drame des mines antipersonnel

Landmine Monitor Report 2003 : Cambodia

In 2002, 834 new landmine and UXO casualties were reported in Cambodia: 145 people were killed and 689 injured; 506 were men, 52 were women and 276 were children; 817 were civilians. Of the total casualties, 212 people (25 percent) required an amputation. Landmines caused 363 casualties (44 percent), while 471 casualties (56 percent) were caused by UXO; however, 87 percent of the children were killed or injured by UXO.

The vast majority of civilian mine casualties (95 percent) were engaged in daily livelihood activities or traveling at the time of the incident; whereas 56 percent of the UXO casualties were caused by tampering.

Mine incidents occurred in forests (56 percent), on paths or roads (12 percent), in rice fields (8 percent), on mountains (6 percent), in villages (5 percent), in fields (5 percent), near rivers (4 percent), near military bases (3 percent), and other areas (1 percent). The majority of UXO incidents were in villages (40 percent), in rice fields (15 percent), near rivers (14 percent), or in forests (13 percent).

La guerre civile a cessé en 1993 au Cambodge ; dix ans après on compte encore plus de deux victimes par jour, malgré une série de campagnes de déminage parmi les plus importantes au monde.

Les enfants ont des chances accrues de décéder suite à l’explosion : leurs organes vitaux sont plus proches du sol et de l’origine de la déflagration.

Les Etats Voyous : Pays producteurs de mines en 2001

Chine, Corée du Nord (République populaire démocratique de), Corée du Sud (République de), Cuba, Egypte, Etats-Unis d’Amérique, Iran, Iraq, Inde, Myanmar (Birmanie), Pakistan, Russie (Fédération de), Singapour, Vietnam.

Agir

Samedi, venez déposer des paires de chaussures sur la Pyramide près de chez vous. Place du Trocadéro à Paris.

Ces chaussures amoncelées, inutiles, symbolisent la dévastation, les membres arrachés ou les vies fauchées par milliers. Elles rappelleront aussi l’exigence faite à tous les pays, et à la France en particulier, de mettre un terme à ce massacre programmé, par un financement du déminage à la hauteur du défi. (Communiqué de presse)

Signez la pétition

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Want A Lot

Want A Lot

Ce sont des disques formidables :

Rufus Wainwright – Want One Le talenteux garçon nous revient, après un Poses dont on avait déjà pensé le plus grand bien, et avec ce qui sera considéré comme son chef-d’œuvre indépassable durant de nombreuses années… ou s’il le dépasse c’est à se damner ! Le plus gai des chanteurs canadiens signe là un nouvel excellentissime album de sa pop post-romantique vocale et orchestrale, qui nous réchauffe le cœur, l’âme et les oreilles si engourdies en ces temps de retro-rock pompeux et repompé. Rufus Wainwright = Bonheur.

Pretty Girls Make Graves – The New Romance Comment qualifier ce son ? Du post-hardcore à ligne claire ? De l’At The Drive-In chanté au féminin ? Le meilleur groupe Matador depuis le split de Pavement (un brin exagéré, ça) ? Toujours est-il que cet album (8.3 chez Pitchfork) réussit l’exploit de combiner sensibilité et guitares, virtuosité et pop indé, math rock et riot girrls. Belle découverte.

Fountains of Wayne – Welcome Interstate Managers Le groupe mesestimé (mais est-ce si grave ?) signe un fantastique album de power-pop classieuse d’une parfaite efficacité, parfois réminiscente des Cars, qui ravit le fan de Weezer et surtout de Nada Surf en chacun de nous. Compositions et productions, tout est sans failles dans cet indéniable disque de l’été… qui arrive à point nommé pour nous réchauffer dans nos venteux hivers.

Seul point noir, distribué dans le coin par ces gros lourds de chez Labels, le CD est pourvu d’un dispositif copy-controlled… chacun prend donc ses responsabilités ici.

The Chemical Brothers ft. The Flaming Lips – The Golden Path (EP) Surprenant single avec un fort goût de revenez-y, plus proche de New Order que de ce que les Chems nous ont pondus ces dernières années, avec ses beats en retrait mais sa basse et ses vocaux en avant. Et puis la voix barrée de Wayne Coyne, dieu joufflu et totémique d’un panthéon païen de la pop illuminée dont les Polyphonic Spree seraient les sectateurs indigènes.

Hautement Recommandé : la radio-blog de M. Pas.Longtemps est ce que j’ai entendu de plus réjouissant depuis… bien longtemps. Rendez-vous y vite, c’est excellent ! A tel point que je lui décerne le toujours très couru « Label Qualité-Manur » ;o)

Rageants Inrocks

Rageants Inrocks

Messieurs des Inrockuptibles, vous n’avez pas publié un papier Rock/Pop digne d’intérêt depuis 1999, il ne viendrait à personne l’intention de vous accorder le moindre crédit dans ce domaine. Mais jusqu’à ce week-end, je pensais pouvoir faire confiance à votre rafraîchissant supplément télé. Pour samedi soir, vous annonciez sur France2 une soirée spéciale Jacques Brel, avec David Bowie, Benjamin Biolay et Keren Ann.

Fort heureusement, je l’ai enregistrée et regardée en différé (et en accéléré), car je n’ai point vu les artistes sus-cités, mais j’ai dû me farcir des reprises par Lara Fabian, Nolwen Leroy, Julie Zenatti, et même I Muvrini qui a massacré Amsterdam avec ses trémolos capricoles. Le tout dans une atmosphère compassée et des interprétations d’une abattante tristesse, mode unique qui correspond probablement à ce qu’on imagine être l’image de Brel parmi la France d’en Bas, chez Barclay.

Tout bien considéré, je passe l’éponge pour cette fois parce que, grâce à vous, je n’ai pas raté les premiers épisodes de 24h Chrono cette année, mais qu’on ne vous y reprenne plus.

Anciens cons battus

Anciens cons battus

Je viens de voir le fondamental Croix de Fer / Cross of Iron de Sam Peckinpah, et j’ai beaucoup de peine pour Spielberg et les millions d’abrutis qui ont encensé son Soldat Ryan à la morale plus que douteuse (génial, le héros tire dans le dos du méchant Boche désarmé et on est tous avec lui), et à l’esbrouffe pyrotechnique sans contenu.

Biblioblog

Biblioblog

PointBlog propose aux webloggeurs de présenter leurs trois livres préférés, toutes catégories confondues.

Comme tout le monde, le chiffre de trois représente pour moi une barrière absurdement insurmontable. Une liste de 10, à la limite, aurait pu être envisageable, mais là…

Donc, voici mes trois gagnants, absolument pas « supérieurs » aux challengers, ni objectivement ni subjectivement.

  • Milan Kundera, Le livre du rire et de l’oubli
  • Vladimir Nabokov, Ada ou l’ardeur (encore qu’il mériterait quelque chose comme un Lifetime achievement award, tant il surpasse tous les autres)
  • Victor Hugo, Les Misérables (c’est totalement galvaudé, mais je l’ai lu tant de fois, et avec une telle émotion…)

Les challengers :

  • Georges Perec, Les Choses
  • Witold Gombrowicz, Ferdydurke
  • Michel Foucault, Surveiller et Punir
  • Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (il a sombré dans le gâtisme depuis)
  • Douglas Coupland, Generation X
  • Hannah Arendt, Le système totalitaire
  • Céline, Mort à Crédit

Et puis Vian, et puis Borges, et puis Zola, Pynchon aussi, Jim Harrison, Cortazar, Le Portail de Bizot…

C’est décidemment stupide (désolé, M. PointBlog…) de vouloir classer les livres. C’est pour cela qu’il n’y a aucune notion de « qualité » ou de notation dans ma liste.