Archives de catégorie : citation

The absence of noise

« There are some resources that we hold in common, such as the air we breathe and the water we drink. We take them for granted, but their widespread availability makes everything else we do possible.
I think the absence of noise is a resource of just this sort. More precisely, the valuable thing that we take for granted is the condition of not being addressed. Just as clean air makes respiration possible, silence, in this broader sense, is what makes it possible to think. »

— Matthew B. Crawford, The World Beyond Your Head: On Becoming an Individual in an Age of Distraction

Justice militaire

« L’armée étant une administration comme l’agriculture, les finances ou l’instruction publique, on ne conçoit pas qu’il existe une justice militaire quand il n’existe ni justice agricole, ni justice financière, ni justice universitaire. Toute justice particulière est en opposition avec les principes du droit moderne. Les prévôtés militaires paraîtront à nos descendants aussi gothiques et barbares que nous paraissent à nous les justices seigneuriales et les officialités. »
— Anatole France, L’anneau d’améthyste (1899)

F.D.R.

« Practices of the unscrupulous money changers stand indicted in the court of public opinion, rejected by the hearts and minds of men.

True they have tried, but their efforts have been cast in the pattern of an outworn tradition. Faced by failure of credit they have proposed only the lending of more money. Stripped of the lure of profit by which to induce our people to follow their false leadership, they have resorted to exhortations, pleading tearfully for restored confidence. They know only the rules of a generation of self-seekers. They have no vision, and when there is no vision the people perish.

The money changers have fled from their high seats in the temple of our civilization. We may now restore that temple to the ancient truths. The measure of the restoration lies in the extent to which we apply social values more noble than mere monetary profit.

Happiness lies not in the mere possession of money; it lies in the joy of achievement, in the thrill of creative effort. The joy and moral stimulation of work no longer must be forgotten in the mad chase of evanescent profits. These dark days will be worth all they cost us if they teach us that our true destiny is not to be ministered unto but to minister to ourselves and to our fellow men. »

« Les pratiques des usuriers sans scrupules se trouvent dénoncées devant le tribunal de l’opinion publique, rejetées aussi bien par les cœurs que par l’intelligence des hommes.

A la vérité, ils ont essayé. Mais leurs efforts portaient l’empreinte d’une tradition périmée. Confrontés à l’effondrement du crédit, ils n’ont proposé qu’un surcroît de crédit. Dépouillés de l’appât du profit par lequel ils induisaient notre peuple à suivre leur fausse direction, ils en vinrent aux exhortations, plaidant la larme à l’œil pour le retour de la confiance. Ils ne connaissent que les règles d’une génération d’égoïstes. Ils n’ont aucune vision, et sans vision le peuple périt.

Les usuriers ont fui les hautes chaires du temple de notre civilisation. Nous pouvons maintenant rendre ce temple aux anciennes vérités. La mesure de cette restauration dépend de l’ampleur avec laquelle nous mettrons en œuvre des valeurs sociales plus nobles que le simple profit monétaire.

Le bonheur ne se trouve pas dans la simple possession de l’argent ; il se trouve dans la joie de la réussite, dans l’excitation de l’effort créateur. La joie et la stimulation morale tirées du travail ne doivent plus être oubliées dans la course folle envers des profits évanescents. Nous trouverons dans ces jours sombres plus que ce qu’ils nous ont coûtés s’ils parviennent à nous enseigner que notre véritable destin n’est pas d’être secourus mais de nous secourir nous-même et de secourir nos semblables. »

− Franklin Delano Roosevelt, First Inaugural Address (March 4th, 1933).

Tripalium

« Le pauvre ne travaille pas suffisamment dur parce qu’il est trop payé, le riche ne travaille pas assez dur car il est trop peu payé. »
— J. K. Galbraith, résumant l’idéologie de l’économie néo-classique.

L’armée de réserve

« Plus grandissent la richesse sociale, le capital en fonctionnement, l’ampleur et l’énergie de sa croissance, et par conséquent aussi la grandeur absolue du prolétariat et la force productive de son travail, et plus grandit l’armée industrielle de réserve*. (…) Mais plus cette armée de réserve est grande par rapport à l’armée ouvrière active, et plus la surpopulation consolidée, dont la misère est inversement proportionnelle aux tourments infligés par le travail, est massive. Enfin, plus la couche des Lazare de la classe ouvrière et l’armée ouvrière de réserve sont importantes et plus le paupérisme officiel augmente. Ceci est la loi absolue et générale de l’accumulation capitaliste. »
— Karl Marx, Le Capital, volume 1 (1867)

* C’est-à-dire les chômeurs.

Le désir

« Ceux qui gagnent leur vie en travaillant tous les jours n’ont rien qui les aiguillonne à se rendre serviables que leurs besoins, qu’il est avisé de vouloir soulagé, mais qu’il serait insensé de guérir. La seule chose qui donne à un homme de l’ardeur au travail, c’est un salaire modéré. […] Il découle de tout cela que dans une nation libre où l’esclavage est interdit, la richesse la plus sûre consiste en une masse de pauvres de mentalité travailleuse. Outre le fait qu’ils constituent une source intarissable pour l’approvisionnement de la flotte et de l’armée, il n’y aurait pas sans eux de jouissance possible. […] Pour rendre la société heureuse et satisfaire le peuple, malgré le besoin dans lequel il se trouve, il faut que la grande majorité demeure à la fois dans l’ignorance et la pauvreté. Le savoir élargit et multiplie nos désirs, et moins un homme désire, plus on peut facilement satisfaire ses besoins. »
— Bernard de Mandeville, Remarques sur la Fable des Abeilles (1714)

Commun

A la page 100 du Capital, volume I, Karl Marx nous rappelle que l’échange de marchandises ne peut avoir lieu que parce que les propriétaires privés se font face « comme des personnes indépendantes les unes des autres. Mais un tel rapport d’étrangeté réciproque n’existe pas pour les membres d’une communauté naturelle, qu’elle ait la forme d’une famille patriarcale, d’une commune de l’Inde antique, ou d’un Etat inca, etc. L’échange de marchandise commence là où se terminent les communautés, à leur point de contact avec des communautés étrangères. »

Cela éclaire de façon intéressante, je trouve, l’aversion réitérée de la société capitaliste, de la société de l’échange marchand comme principe social premier, pour le “communautarisme”, posture qui n’est jamais qu’un froncement de sourcil vis-à-vis des communautés des autres, jamais des siennes. L’échange de marchandise commence là où se terminent les communautés.

Le meilleur des mondes

« Les économistes [bourgeois] ont une singulière manière de procéder. Il n’y a pour eux que deux sortes d’institutions, celles de l’art et celles de la nature. Les institutions de la féodalité sont des institutions artificielles, celles de la bourgeoisie sont des institutions naturelles. Ils ressemblent en cela aux théologiens qui, eux aussi, établissent deux sortes de religions. Toute religion qui n’est pas la leur est une invention des hommes, tandis que leur propre religion est une émanation de Dieu… Ainsi il y a eu une histoire mais il n’y en a plus. »
— Karl Marx, Misère de la philosophie, 1847

Faust

« L’écolier : Cependant un mot doit toujours contenir une idée.
Méphistophélès : Fort bien ! mais il ne faut pas trop s’en inquiéter, car où les idées manquent, un mot peut-être substitué à propos ; on peut avec des mots discuter fort convenablement, avec des mots bâtir un système ; les mots se font croire aisément, on n’en ôterait pas un iota. »
— J. W. Goethe, Faust, 1ère partie.