Archives de catégorie : blogging

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Invicible

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate :
I am the captain of my soul.

William Ernest Henley, Invictus (1875).

Parabole

Parable of the Polygons est l’une des pages web les plus importantes que j’ai vues cette année. Avec des règles mathématiques très simples, elle montre l’effet cumulatif que peuvent avoir de petits préjugés individuels sur l’ensemble d’une société.

Puis, dans une articulation surprenante, elle montre l’efficacité (ou non) à contrebalancer une situation de départ inégalitaire par la diminution des préjugés individuels.

Ce qui est particulièrement magnifique est que seule la logique la plus systématique (et la plus abstraite) est employée ; très peu de subjectivité là dedans.</l’informaticien autiste>

Tout ça est en plus très marrant, avec de jolis dessins mignons et des petits jeux très rapides.

Faites moi plaisir, courez regarder ça. (Et fuyez la traduction « française », baclée et ignoble.)

God Help the Girl

Charmant et décousu, irrésistible et superficiel, God Help the Girl, le film musical de Stuart Murdoch, est le bijou indie-pop de cette fin d’année.

On connait les chansons, merveilleuses : elles proviennent de l’album du même nom de 2009. Elles sont sublimées ici par un Glasgow perpétuellement ensoleillé, trois jeunes acteurs beaux et touchants, habillés avec une classe folle, et une photographie splendide.

C’est un conte post-adolescent, hors du monde, qui s’embarasse peu de cohérence, juste un très bon moment parfaitement composé, pour les fans de Belle & Sebastian.

En bonus, le making-of en cinq (petits) épisodes et la B.O. sur Spotify.

The critique of pop culture

Alex Ross, The Naysayers — The New Yorker, 15 sept. 2014
“Walter Benjamin, Theodor Adorno, and the critique of pop culture.”

Si un génie m’avait accordé un texte (brillantissime) sur un sujet criminellement vague pour moi et un auteur pour le clarifier, j’aurais probablement choisi Alex Ross sur l’Ecole de Francfort.
L’internet des longreads c’est un peu la lampe magique.

Update : justement sur (un peu) le même thème, ceci :

Adam Leith Gollner, An Investigation Into the Reappearance of Walter Benjamin — 11 sept. 2014
“Now, seventy-four years after his death, Walter Benjamin is releasing Recent Writings, a new collection of nine essays written between 1986 and 2013.”

Mon A.D.N.

Charmant petit documentaire (26 minutes), malgré la voix de PPDA, sur cette femme étonnante, hors de son siècle, que fut Alexandra David-Néel, et sa maison à Digne. Véritable intellectuelle, arpenteuse infatigable, anarchiste, féministe, bouddhiste ardente, écrivain magnifique, parfois péremptoire et simpliste comme peuvent l’être les précurseurs fascinés, souvent juste et bienveillante à rebours de son époque, coloniale et guérrière.

Cette petite chose ne fait qu’effleurer tout cela, mais avec une élégance si peu télévisuelle qu’il faut la saluer.

Ramen

Sophie Brickman, The History of the Ramen Noodle — The New Yorker, may 2014

C’est ce que, souvent, j’ai l’impression que la presse américaine, dans ses incarnations les plus brillantes, est capable de faire, et que la presse française est tellement navrante qu’elle n’a même pas l’idée d’essayer, même pas l’idée que c’est possible.

Etre passionnant et érudit en parlant de quelque chose d’apparemment trivial. Tout en étant drôle, tout en étant respectueux de son sujet. Tout en écrivant avec style.