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Author: manur

Aventure moderne

Aventure moderne

Radical Chic : La vie des morts

Rien de plus facile que d’ironiser sur ces jeunes qui se mobilisent pour la retraite. Comment, lycéens, étudiants, n’ont ils pas commencé à vivre qu’ils se préoccupent déjà de leur vulgaire sécurité de fin de carrière (…) On voudrait qu’ils soient des aventuriers, que leur jeunesse soit celle de l’invention. Entendre : qu’ils se démerdent.

Par contre, quand un certain président veut faire de la France un « pays de propriétaires », personne ne se rengorge. Ni les « essayistes » assermentés qui trouvent que tout à coup, la propriété est une aventure qui se pose là ; fonctionnaires non, retraités surtout pas, mais bien à l’abri dans leur patrimoine, ça oui.

Gaiman on the Dolls

Gaiman on the Dolls

Neil Gaiman (auteur connu) sur le concert de réunion des Dresden Dolls (dont une moitié, Amanda Palmer, est son amoureuse). Le meilleur CR de concert depuis bien longtemps.

When I started going out with Amanda I asked about the Dresden Dolls. She told me it was a pity that I’d missed them. They were so good, she said. Brian Viglione and her, well, it was special.

Just a little grin

Just a little grin

Barack Obama interviewé par Rolling Stone :

[Bob Dylan] finishes the song, steps off the stage — I’m sitting right in the front row — comes up, shakes my hand, sort of tips his head, gives me just a little grin, and then leaves. And that was it — then he left. That was our only interaction with him. And I thought: That’s how you want Bob Dylan, right? You don’t want him to be all cheesin’ and grinnin’ with you. You want him to be a little skeptical about the whole enterprise. So that was a real treat.

Having Paul McCartney here was also incredible. He’s just a very gracious guy. When he was up there singing « Michelle » to Michelle, I was thinking to myself, « Imagine when Michelle was growing up, this little girl on the South Side of Chicago, from a working-class family. » The notion that someday one of the Beatles would be singing his song to her in the White House — you couldn’t imagine something like that.

Follow the birds

Follow the birds

C’est un morceau de musique que je trouve moyen, extrait sans gloire d’un album qui m’apparaît ni bon ni mauvais, comme frappé d’un syndrome de midtempo hell (si quelqu’un d’indulgent voit ce que je veux dire). Pourtant, je viens d’en regarder la vidéo quatre fois de suite, plus fasciné à chaque nouvelle vision.

Bien sûr, c’est le buzz du moment (en 2010, un buzz du moment dure deux jours en moyenne, quatre au maximum). Il vous faudra télécharger Google Chrome, le navigateur de toute dernière génération, pour le voir, et jusqu’à présent ce sont principalement les ressources de geeks qui l’ont évoqué, parce que Google est derrière les manettes et que ça requiert HTML5, la nouvelle version du langage du web, encore partiellement expérimentale.

Mais au bout de 40 secondes, on oublie complètement et légitimement ce fatras technologique. Ça, c’est The Wilderness Downtown, composition multimédia autour de We Used To Wait, extrait du nouvel album d’Arcade Fire, The Suburbs. L’immersion est stupéfiante, je trouve, et ça transpire de beauté sobre par tous les pores de nos écrans LCD.

Allez-y, jouez le jeu, renseignez un véritable lieu de votre enfance et lancez l’expérience, au calme, lumières éteintes et casque aux oreilles.

La victime raisonnable

La victime raisonnable

C’est assez connu, mais c’est très beau, et la comparaison est cruelle.

Le 1er septembre 1969 Gabrielle Russier, professeur de français à Marseille, s’est suicidée après avoir été condamnée en justice pour avoir eu une relation amoureuse avec l’un de ses élèves, encore mineur.

Le 22 septembre, Georges Pompidou est président de la République depuis trois mois et deux jours, il organise une conférence de presse. A la fin de celle-ci, les journalistes peuvent lui poser quelques questions non prévues au programme. Jean-Michel Royer l’interroge sur ce « fait divers ». (vidéo INA)

San Andreas

San Andreas

Aujourd’hui j’ai terminé Grand Theft Auto San Andreas. (Oui, je sais que la série s’est enrichie de plusieurs opus depuis. J’ai pris mon temps.)

Le dernier tiers s’étire un peu trop, c’est vrai, mais dans l’ensemble c’était plus qu’agréable — sinon je n’aurais certes pas persévéré deux ans. J’ai tué 2619 personnes (dont 496 innocents), détruit 704 véhicules (dont 8 bateaux et 110 avions), créé 2,5 millions de $ de dégâts, gagné $40.000 grâce au proxénétisme et utilisé 500 kg d’explosifs. Curieusement je ne me sens aucune envie d’en faire autant dans la vraie vie.

Au final, au delà de la grisante sensation de liberté dans le monde de ce jeu, étendu et varié (on y explore les zones urbaines de Los Angeles, San Francisco et Las Vegas et les zones rurales de toute la Californie : forêts, rivières, ranchs, champs, déserts, villes balnéaires, etc.), le plus étonnant ici est la qualité de l’auto-dérision. Question de point de vue, sans doute, mais cette galerie de personnages ridicules, délinquants, rappeurs, gangsters, caïds, flics, dealers, rockeurs, nymphomanes et hippies, engendre plus d’hilarité (condescendante) que de fascination. Il faut vraiment être convaincu d’avance pour penser qu’un tel jeu est une menace pour une société dont il n’est que la caricature, au sens le plus précis du terme.