En avant les crocs
Eolas : Quelques mots sur l’affaire Orelsan
— Mais Orelsan n’est pas Vian ou Brassens, me dira-t-on.
Je ne le crois pas non plus, mais la question n’est pas là. La liberté d’expression n’est pas soumise à une condition de mérite de l’œuvre. Mérite qui était nié à Brassens et à Vian en leur temps, d’ailleurs.
Eolas signale également ce grand moment d’agapé christique féminine, sur le site des Chiennes de Garde (c’est moi qui souligne) :
J’en ai soupé, d’ta haine, je sors mon grand couteau,
l’ail et les p’tits oignons, j’émince et j’fais chauffer.
T’as assez dégueulé, maintenant tu vas t’calmer.Les filles, finissons-en avec ces p’tits couillons !
Ils étaient forts tant que nous n’osions pas dire NON.
Orelsan, baisse ton froc, je saliv’ déjà trop.
Chiennes de garde, foncez, et en avant les crocs !
Aux défenseures des femmes les oreilles et la queue,
les couilles à l’offensée, et des excuses je veux.
Incitation à la violence ? Eolas commente mieux que je ne le ferais : « Comme quoi ce n’est pas un problème de mots, mais de camp. »
Je ne résiste pas au plaisir de citer un extrait d’un de mes albums de hip-hop préférés (Klub des Loosers, Vive la vie) :
Cette fille…comment la décrire ?
Elle est comme un petit papillon volant majestueusement dans un jardin
Où toutes les fleurs auraient été remplacées par des pénis.
Officiellement rattachée à l’un cela ne l’empêche pas de se poser sur d’autres, de se faire surprendre et d’avouer avoir fait peut-être une petite bêtise.
Lorsque ce genre de fille se fait malheureusement engrosser, il arrive qu’elle donne naissance à un enfant de sexe féminin.
Voilà la manière dont les salopes se reproduisent !
Un idiot de plus said:
juil 24, 09 at 20:18Le plus affligeant avec les Chiennes de Garde demeure ce constant détournement candide du [i]Deuxième Sexe[/i], affirmé avec force comme texte fondateur à des fins de réification égotiste là où De Beauvoir, avec toute la finesse de perception qui caractérise son intelligence admirable, met précisément en exergue le registre éminemment social du sexué dans notre univers mental, et par-là même sa vacuité en tant que référentiel comportemental. Je la trouve d'ailleurs de loin supérieure à Sartre pour cette raison précise, car ce faisant elle termine, avec une sobriété et une clarté qui tranche avec le philosophe, de débarrasser l'existentialisme de toute puérilité métaphysique en l'appliquant à un cas concret, et ce faisant le tue pour revenir à la simplicité lucide d'une pensée logique (typiquement asexuée, d'ailleurs).