Babel

Babel

Quand j’entends à la radio rien moins que le directeur de la BNF se lamenter que, Google ayant l’intention de rendre accessible en ligne 15 millions de livres numérisés, cela va donner une sélection « nécessairement américano-centriste« , j’ai envie de me la prendre et de me la mordre. Même en faisant abstraction des troupeaux de gauchistes bêlants qui applaudissent à tout rompre. (Pierre Assouline, plus nuancé, n’est pas concerné.)

Un livre n’a pas de nationalité, un livre rend intelligent (ou pas, s’il s’agit de littérature française de ces vingt dernières années) et au-dessus de ces considérations médiocres. Si encore la qualité de la production littéraire francophone concurrençait réellement celle des anglo-saxons…

Voilà un indice que Sarkozy a parfaitement réussi son coup : nous sommes de retour de plein pied dans l’epistémé de la Troisième République. Ce nationalisme de bas étage, cette méfiance contre tout ce qui n’est pas bien français, ça évoque le Zérorama. Méfiez-vous, le lobby juif mondial tente de nous faire (re)lire Lévy-Strauss sous prétexte du 50ème anniversaire de Tristes Tropiques : restez vigilant !

Plus sérieusement, si l’on veut vraiment développer des initiatives comparables avec une sensibilité européenne, comme le propose ce monsieur, mettons enfin la démagogie de côté et appliquons ce programme en trois points.
1 – Se sortir les doigts de là où ils se sont égarés
2 – Développer une véritable « sensibilité européenne » lisible, depuis le temps que les citoyens l’attendent (une seule chaîne de télévision hertzienne nous parle de l’Allemagne, la presse papier ne met jamais en Une aucune actualité concernant nos voisins, etc.)
3 – Numériser les bouquins sans se sentir supérieur. C’est dur pour un français, mais plus tôt on commence, mieux on sera préparé

Et si certains veulent s’attaquer à un Oncle Sam qui effectivement a bien du sang sur les mains, il peut être plus pertinent d’aider l’association Vietnam-Dioxine à lutter pour l’indemnisation des victimes de l’Agent Orange et de la dioxine, répandus dans ce qui fut et est encore un des crimes de guerre impunis les plus important du XXème siècle.

Saint Georges et le Dragon

Saint Georges et le Dragon

Jérôme Attal, 24/25 janvier 2005 :

J’ai toujours trouvé pour ma part cette toile délibérément sexuelle : non contente d’être une ode spectaculaire et réjouissante à la fellation, il y est également signifié que c’est son propre dragon, le dragon de son angoisse et de son désir mêlés, que la jeune femme envoie au devant du chevalier, afin que ce dernier tout armé de son désir et sans aucune dualité – vous savez comment sont les garçons – le taille en pièces, le soumette et le lamine, bref le réduise en jouissance.

(Paolo Uccelo, Saint Georges et le Dragon)

20minutes : Boris Cyrulnik (raflé en 1944 à 6 ans) : « On ne croyait pas ce que je racontais »

Ceux qui commettent des génocides ne sont pas des monstres, c?est pour cela que c’est angoissant. Ils sont soumis à un système qui est, lui, monstrueux, à un système de représentations délirant. (…)

« Souviens-toi, n’oublie pas », a déclaré Jacques Chirac lors de l’inauguration du mémorial de la Shoah à Paris. Est-ce la voie à suivre ?

Pas forcément, car « souviens-toi », ce peut être aussi de la vengeance. Et la vengeance est aussi une soumission au passé. On voit des peuples qui n’arrêtent pas de se faire la guerre au nom de ce « souviens-toi ». Il faut chercher à comprendre ce qui s’est passé de façon à apprendre à vivre ensemble autrement.

Wired : The Shadow Internet

It’s all a big game and, to hear Frank and others talk about « the scene, » fantastic fun. Whoever transfers the most files to the most sites in the least amount of time wins.

Techno-trip dans le monde caché des vrais pirates de contenu, que l’on subodorait sans avoir de réelles informations, et de leur organisation en pyramide.

[merci chryde]