Radical Chic : Réhabiliter l’argent
Voila d’ailleurs le problème français, croire que la sclérose économique (toute relative d’ailleurs) vient d’une méfiance envers l’argent, alors que toute la société est crispée sur ses classes, ses diplômes, et ses coteries ; et partant, en rajouter dans la sclérose à coup de cadeaux fiscaux, et d’expliquer que les pauvres n’ont qu’à aimer l’argent alors qu’ils ont chaque jour moins de chance d’en gagner.
Amen. Je suis fasciné, littéralement, par cet abandon brutal et sans une once de mauvaise conscience de toute valeur morale au panthéon de la Nation. Seules comptent le pèze et l’hystérie, c’est à dire les signes (vides) du bonheur et les signes (creux) du pouvoir, d’un pouvoir-spectacle perpétuel qui n’a que l’ambition de conforter l’ordre du monde. Quant les signes sont glorifiés et les signifiants absents, il est temps de se replonger dans Barthes. Mais nous avons rayé de l’Histoire et “mai 68” et la repentance (c’est à dire la capacité de s’interroger de manière critique sur nous-même) ; c’est d’une logique inattaquable : nous avons excommuniés les principaux outils de notre réflexion sur le monde moderne, et nous pouvons désormais nous immerger béatement dans l’ivresse de l’action.
