Montesquieu
« La gravité est le bonheur des imbéciles. »
— Montesquieu
« La gravité est le bonheur des imbéciles. »
— Montesquieu
« Mais j’ai voulu être ainsi, je te le jure, j’étais contaminé par les mots, j’ai continué de l’être longtemps après la fin de mon adolescence, j’ai cru que j’aimais le nomadisme et la solitude parce que c’étaient des mots prestigieux, ornés des majuscules de la littérature. »
— Antonio Muñoz Molina, Le royaume des voix
Au collège : Ils s’enfermèrent
A la longue, cette contestation ouverte ou implicite de la norme linguistique induit un malaise certain chez ceux qui la défendent. Après tout, la langue, c’est un contrat passé entre tous ses locuteurs, un contrat constamment révisable ; alors s’il n’y a plus qu’une poignée de puristes pour défendre l’existence du passé simple, n’est-ce pas à eux de convenir que leur acharnement est vain ?
Guillermo le dit mieux que moi, mais l’étalage de médiocrité vieille-France lors du repas donné en l’honneur de Khadafi (que rapporte Le Monde) est l’un des moments les plus écœurants que nous ait offert le sarkozysme décompléxé — ce n’est pas peu dire. Quelle farce de constater la joie non feinte avec laquelle Roland Dumas, Dominique Baudis ou le secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, pour ne prendre que quelques exemples parmi toute la gérontologie parisienne et républicaine rassemblée mardi dernier au Ritz, ont assisté à des saillies comme celle-ci :
« Mais je vous livre solennellement ce message : la convention d’Ottawa, signée par un certain nombre de pays en 1997, visait à interdire la production de mines antipersonnel. Tous les pays qui ont signé ce traité doivent revenir sur leur signature. La mine antipersonnel est une arme défensive, pas offensive. C’est le moyen de défense le plus simple. »
— Colonel Kadhafi, Paris, mardi 11 décembre 2007
« J’ai fait plus pour les Droits de l’Homme que l’ensemble de mes détracteurs. »
— Bernard Kouchner, à France Inter ce matin.
Le plus amusant, c’est que de son point de vue c’est vrai : en trente ans, on l’a plus vu à la télévision et entendu à la radio pour réclamer votre pitié pour les petits nenfants africains que l’ensemble de ses détracteurs.
Ça s’appelle Matamore, et c’est un label de disques pop basé à Bruxelles, un de ceux qui font ça « pour la musique », ou plutôt pour une certaine idée de la musique, sans épate ni folklore, juste le fait d’être ensemble, sincères, et de se faire plaisir, une idée que j’aime. Ils publient les créations d’artistes du cru : les attendrissant Raymondo, la douceur intimiste de mes amis Soy Un Caballo, Boris Gronemberger (alias V.O.) dont on ne cesse de me dire du bien depuis des années, la vénéneuse Half Asleep (qui me laisse assez froid mais qui a beaucoup de fans en France et en Belgique), les Some Tweetlove, qui parviennent à me passionner encore avec du post-rock, et plusieurs autres, tout ça à 10 euro par album via leur site.
A la Blogothèque, on leur consacre un grand dossier cette semaine (et quand je dis « on », je veux dire aKa, notre filiale locale), dont je ne suis pas peu fier, avec entre autres plusieurs belles choses sur Soy un Caballo : une longue interview intimiste, un épatant concert à emporter chez les brocanteurs d’Oberkampf et avec des bébés et un calendrier de l’Avent où chaque jour de semaine jusqu’à Noël vont se révéler des cadeaux divers et variés choisis par le groupe. (J’ai développé les pages de ce dernier avec un plaisir qu’on ne connait que lorsqu’on parvient à rassembler deux passions.)
Les parisiens pourront également retrouver plusieurs artistes Matamore (dont V.O. et Soy Un Caballo) en concert ce soir au Centre Wallonie-Bruxelles. (Entrée 10 €)
Mise à jour après concert : J’étais resté sur les premiers enregistrements d’Half Asleep. Valérie a singulièrement progressé depuis ; hier, c’était très beau et parfaitement défendable.
J’aime bien quand la Reine de la Nuit fait vraiment peur !
[via Opera Chic]
OMFG Philippe Jaroussky kicks ass. Encore plus que d’habitude. Carestini tourne en boucle depuis trois semaines.