25.

(…)

Ivan : …Je regardais cette fille, et je pensais que ça, elle en culotte, qui dansait, c’était l’image la plus exacte de l’Esprit Saint. Tu te souviens ? Les petites flammes de la Pentecôte. Après Pâques.

(Paul ne se souvient pas.) En mai, c’est la Pentecôte, tu ne te souviens de rien ! Le Christ s’en va, il monte au ciel, et au-dessus de la tête des Apôtres — ils sont à table — il y a des petites flammes qui dansent. Et c’est le troisième temps de Dieu, c’est l’absence de Dieu mais qui maintenant est une joie. Et j’aimais tellement voir cette flamme en elle…

26.

Paul : Eh bien revois-la. T’es pas obligé de te convertir pour autant. Tu revois cette fille et tu la sautes, et c’est vachement bien. Tu sautes la Pentecôte, c’est déjà pas mal !

Ivan : Ouais mais c’est pas tellement que… Je ne suis pas obligé de la revoir, cette fille non plus ! Je ne vais pas l’épouser parce qu’elle habite au-dessus de mon garagiste.

Paul : Eh bien, ne la revois pas.

Ivan : Moi, j’aime bien son humanité.

Paul : Quoi « son humanité » ?! Eh, c’est tout à ton honneur, mais moi j’appelle ça un derrière !

Ivan : Ça, c’est accessoire. C’est vrai que c’est son derrière — et le reste aussi — qui me donne accès à l’Incarnation. Mais, tu vois, quand le Christ s’en est allé, on est encore plus plein de sa présence par l’Esprit. Parce que la chair est rachetée. Alors : je pleure tout le temps mais je ne suis pas triste. Je me suis rendu compte que l’Esprit Saint, c’est ça qui donnait un sens à ma vie.

Paul : Ouais, t’étais content de coucher avec cette fille, quoi !

Ivan : Non pas seulement. Je me rends compte que c’est l’humanité que j’aime. Toi, tu es tout le temps amoureux, tu es laïc.

27.

[Entre Pascale.]

Pascale : T’es con ou quoi ? Ce con veut devenir prêtre.

Ivan : Ouais et alors ?

Pascale : Mais tu es taré ou quoi ?

Ivan : Quand j’étais communiste, déjà ça n’allait pas, alors ça ne va jamais ce que je fais ! Euh, je ne vais pas me justifier, de toute façon, ce n’est jamais bien.

[tiré de Comment je me suis disputé… (Ma vie sexuelle) d’Arnaud Desplechin, Arte Editions, coll. Scénars. Un petit hommage à Mathieu Amalric, aussi.]

Diagonalisation

Un webloggeur à la retraite me transmet ce lien délicieusement documenté (Attention, c’est plein de spoilers.) : Corporate Mofo reloads The Matrix

Will Neo wake up and say, « Bill, dude, you won’t believe this bitchin’ dream I just had. . . » ?

Une théorie de pisse-froids semble décidée à descendre à tout prix The Matrix Reloaded… Bon, certes, la musique est à chier et Monica B. est sous-employée, mais je crois qu’il y a beaucoup de pédantisme là-dedans (tout au moins pour ceux qui oublient soudain qu’ils avaient aimé le premier volet).

C’est faire bien peu de cas du talent des frères Wachowski que de s’attendre à ce qu’ils nous refassent le même coup du renversement de ce monde renversé. Non, Reloaded reprend la même idée et la mène encore plus loin ; cette perséverance déconcerte, mais elle était la seule voie. Hommes de peu de foi ! (Matthieu 14:31)

Seul le volet final de la trilogie nous dira si tout cela était fumisterie ou théologie. En attendant, moins nous en dirons, mieux nous nous préserverons du ridicule.

Rouge

S21, la machine de mort Khmère Rouge, le documentaire du réalisateur cambodgien Rithy Panh, est diffusé lundi 2 juin sur Arte à 22h30 (lundi prochain).

La fiche film du Festival de Cannes, où le documentaire a obtenu le Prix François-Chalais, avec quelques photos.

Le film est aussi un Evènement I.N.A., avec des extraits à visionner.

Pendant près de trois ans, Rithy Panh et son équipe ont entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés, mais aussi de leurs anciens bourreaux. Leurs témoignages croisés permettront de reconstituer le fonctionnement quotidien du centre de torture de Phnom Penh, le Tuol Sleng.

Stylus Mag : Matrix Reloaded

And that pseudo-Buddhist twaddle? Make sure you’re prepared to pay close attention — REALLY close attention. Because it’s like the Wachowski brothers were paid by the fortune cookie here.

[And] just about every time I start to feel like I understand what the hell they’re talking about, the scene abruptly turns into another one of those endless slo-mo fights where you know Keanu Reeves is going to kick a lot of ass, escape with his life and, in all likelihood, some peripheral character’s going to bite the dust near the end of the scene.

Fortune Cookies.

Métaphore

C’est l’histoire d’un mec qui rentre de week-end à toute berzingue, disons 130 km/h, qui roule cinq heures d’affilée sans pause, et qui a bu un tout petit verre avant de partir. Rien de bien méchant, rien d’illégal dans tous les cas, et statistiquement, le garçon a toutes les chances de rentrer vivant chez lui.

J’aimerai assez que l’on me démontre néanmoins qu’il s’agit d’un comportement « jeune » et sans danger. Peut-être parce que « ça » n’arrive qu’aux autres ?

Tout Ouïe

SOS Audition : Festivals rock: il faut se protéger les oreilles

Une étude menée l’an passé au Paléo Festival de Nyon démontre qu’assister à plusieurs soirées consécutives de concert rock n’est pas supportable pour les oreilles. (…)

Des surdoses sonores prolongées peuvent entraîner des lésions irreversibles de l’oreille interne. Des études ont montré que les problèmes auditifs sont plus souvent causés par de trop nombreuses fréquentations de concerts que par l’écoute de musique au moyen de casques ou d’écouteurs.

Une démarche importante : lire les témoignages du site de l’APTA. Ne le faites pas pour moi, faites le pour vous.

Chryde à Tanger :

Les Marocains ne sont pas habitués à ça, dit quelqu’un. Ils sont moins familiers de cette violence que les Français. Ces dix fous qui se sont fait sauter, ces dizaines de Marocains tués par leur fanatisme vont changer le pays. Enormément. Sur des années. C’est bête à dire, mais c’est leur 11 septembre, leur Pearl Harbour, leur Nagazaki.

Indymedia Nantes : Mais pourquoi donc on se fait tant chier en manif ?

Les manifestants sont envisagés comme une pâte à modeler, à former en vue d’une image [à donner] et non pas comme une puissance individuelle et collective à produire ou à développer. La manifestation n’est en effet jamais envisagée politiquement comme une machine à produire des affects positifs, du désir, des discours collectifs. Par exemple, l’humour qui éclate parfois dans ces manifestations est toujours envisagé comme une espèce de dentelle, une décoration de la manifestation, un à coté agréable mais pas une composante centrale.

[Merci Arnaud]