Rageants Inrocks

Rageants Inrocks

Messieurs des Inrockuptibles, vous n’avez pas publié un papier Rock/Pop digne d’intérêt depuis 1999, il ne viendrait à personne l’intention de vous accorder le moindre crédit dans ce domaine. Mais jusqu’à ce week-end, je pensais pouvoir faire confiance à votre rafraîchissant supplément télé. Pour samedi soir, vous annonciez sur France2 une soirée spéciale Jacques Brel, avec David Bowie, Benjamin Biolay et Keren Ann.

Fort heureusement, je l’ai enregistrée et regardée en différé (et en accéléré), car je n’ai point vu les artistes sus-cités, mais j’ai dû me farcir des reprises par Lara Fabian, Nolwen Leroy, Julie Zenatti, et même I Muvrini qui a massacré Amsterdam avec ses trémolos capricoles. Le tout dans une atmosphère compassée et des interprétations d’une abattante tristesse, mode unique qui correspond probablement à ce qu’on imagine être l’image de Brel parmi la France d’en Bas, chez Barclay.

Tout bien considéré, je passe l’éponge pour cette fois parce que, grâce à vous, je n’ai pas raté les premiers épisodes de 24h Chrono cette année, mais qu’on ne vous y reprenne plus.

Anciens cons battus

Anciens cons battus

Je viens de voir le fondamental Croix de Fer / Cross of Iron de Sam Peckinpah, et j’ai beaucoup de peine pour Spielberg et les millions d’abrutis qui ont encensé son Soldat Ryan à la morale plus que douteuse (génial, le héros tire dans le dos du méchant Boche désarmé et on est tous avec lui), et à l’esbrouffe pyrotechnique sans contenu.

Biblioblog

Biblioblog

PointBlog propose aux webloggeurs de présenter leurs trois livres préférés, toutes catégories confondues.

Comme tout le monde, le chiffre de trois représente pour moi une barrière absurdement insurmontable. Une liste de 10, à la limite, aurait pu être envisageable, mais là…

Donc, voici mes trois gagnants, absolument pas « supérieurs » aux challengers, ni objectivement ni subjectivement.

  • Milan Kundera, Le livre du rire et de l’oubli
  • Vladimir Nabokov, Ada ou l’ardeur (encore qu’il mériterait quelque chose comme un Lifetime achievement award, tant il surpasse tous les autres)
  • Victor Hugo, Les Misérables (c’est totalement galvaudé, mais je l’ai lu tant de fois, et avec une telle émotion…)

Les challengers :

  • Georges Perec, Les Choses
  • Witold Gombrowicz, Ferdydurke
  • Michel Foucault, Surveiller et Punir
  • Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (il a sombré dans le gâtisme depuis)
  • Douglas Coupland, Generation X
  • Hannah Arendt, Le système totalitaire
  • Céline, Mort à Crédit

Et puis Vian, et puis Borges, et puis Zola, Pynchon aussi, Jim Harrison, Cortazar, Le Portail de Bizot…

C’est décidemment stupide (désolé, M. PointBlog…) de vouloir classer les livres. C’est pour cela qu’il n’y a aucune notion de « qualité » ou de notation dans ma liste.

Amazon.com and the New Democracy of Opinion (Case Study through Thomas Pynchon’s Gravity’s Rainbow reviews)

Here we have hit the main distinction between professional reviews and the Amazon reviews; many of the latter deal with the meta-experience. This is hardly a bad thing, however, for the historian; it is what makes them such interesting documents. We see how people are reading a book, why they read it, and what they get out of it, precisely what [the New York Times Book Review] cannot tell you. It is a uniquely 1990s invention.

Amazon.fr : Entretien avec Brice Matthieussent, traducteur formidable de Jim Harrisson et du dernier Pynchon :

En américain, il y a un sens du dialogue et de l’accent. Par exemple chez Pynchon, il n’y a pas deux personnages qui parlent de la même façon. Il y a des pages où il n’indique pas qui parle, c’est à l’oreille qu’on est censé le savoir, et reconstituer cela en français reste très difficile. On ne peut pas massacrer l’orthographe en français comme on le fait en américain, car c’est une langue trop rigide.

Robert Fisk (The Independent) : Don’t Say We Were Not Warned About This Mess

An American commentator, Rosie DiManno, wrote this week that in Iraq « There’s also the other cost, the one measured in human lives… one American a day slain since Bush declared the major fighting over. » Note here how the blood of Iraqis–whom we were so desperate to liberate six months ago–has disappeared from the narrative. Up to 20 innocent Iraqi civilians a day are now believed to be dying–in murders, revenge killings, at US checkpoints–and yet they no longer count.

C’est ce que l’on pourrait appeler le véritable Syndrome du Viêt-Nam.