Pas pu regarder plus de deux minutes des foutaises sur Trappes diffusées ce soir sur la chaîne de David Poujadiste.

Pour l’auteur de cette vidéo de campagne frontiste, des musulmans qui réclament le permis de se construire une mosquée décente c’est un passage en force, et lorsqu’ils prient dans la rue, tournés vers La Mecque, c’est une provocation contre la République.

Une librairie musulmane nécessite dix minutes de bobine — on imagine bien que ça ne doit pas pulluler en Corrèze —, et le fait religieux a pour premières victimes (forcément, hein) : les femmes.

Jusqu’à présent je n’ai pas le souvenir d’avoir vu dans ce pays une seule femme se plaindre d’être forcée à porter un voile (j’irai presque jusqu’à faire remarquer que c’est précisément le contraire, si je n’avais peur de passer pour un conjuré al-qhaedesque) ; mais qu’à cela ne tienne, Olivier Casseroles sait ce qui est bon pour nous.

Heureusement, il y a Björk, et les Dirty Three.

Alerte

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Autant que vous le sachiez : si vous aviez l’intention de donner de l’argent à « Plan International », pour parrainer un petit nenfant malheureux par exemple, le trésorier de ce sympathique groupement, celui qui va s’occuper de gérer vos thunes pour en faire Dieu sait quoi, c’est Nicolas Baverez, l’auteur d’un inoubliable opus : La France qui tombe.

Nicolas Baverez : « Le temps libéré par les 35 heures, c’est de la violence conjugale et de l’alcoolisme en plus » ; Alain Finkielkraut précisait aussitôt : « De la télévision aussi ! »

Vous pouvez ajouter Claire Chazal dans leur Comité de Parrainage…

[Tout cela est très logique : pour ces gens, la seule réponse souhaitable à la misère est la charité. L’aide étatique au développement, la politique sociale ou l’équilibrage des relations Nord-Sud leur sont des hérésies.]

J’ai passé ma matinée sur les pages fascinantes, et vaguement nauséeuses, de Matthew White, Wars, Massacres and Atrocities of the Twentieth Century (avec décompte des victimes par évènement et comparaison des estimations).

Digression sur ce que je connais un peu, le cas du Cambodge.

La page montre que les estimations se situent entre 700.000 et 2.300.000 victimes, dans un pays qui comptait 8 millions d’habitants en 1975. Soit une proportion entre 9 et 29 % selon les auteurs. Il y a des tas de raisons qui font qu’établir un tel décompte est très difficile, avec la meilleure impartialité du monde, M. White en relève plusieurs.

Donc, pour faire clair, et comme le dit Chomsky, « En réalite, personne ne sait. Personne ne sait jamais dans de tels cas, within quite a broad range (traduction ?). Lorsque des chiffres sont proposés avec la moindre assurance, et sans préciser une importante marge d’erreur, vous pouvez être sûr que des considérations idéologiques sont à l’œuvre, dans de tels cas. »

Quoi qu’il en soit, les chiffres les plus fiables semblent être ceux de Ben Kiernan, du Yale University Cambodian Genocide Program : 1.671.000 victimes.

Suite de mes ratiocinations sur cette engeance : les Publicitaires.

Merci à Chryde, en premier lieu, pour cette autre page de la campagne Publicis pour Sanofi :

pub sanofi

On l’a moins vue ; on accordera que la paysanne colombienne (birmane ?) ça parle moins à la catégorie socio-économique visée.

Libération : Sous l’OPA, l’image offre un bel aperçu des coulisses de ces mêtiers qui, à n’en pas douter, « réhabilitent la valeur travail », eux.

En coulisse, les conseils en communication font mouliner des équipes entières, mobilisées à plein temps pour organiser et diffuser la parole des belligérants. (…) Une machine qui tourne à plein : pour créer dans le plus grand secret la campagne de pub de Sanofi, il a fallu cinq jours de brainstorming aux équipes de Publicis.

Qui en doutait ?

Colin Powell : « Even without possessing chemical, biological or nuclear weapons, Iraqi leader Saddam Hussein intended to acquire them and tried to maintain the capability of producing them in case international sanctions were lifted. »

En d’autres termes : Saddam n’avait pas d’ADM, d’accord, mais il en voulait, dont on a eu raison de lui faire sa fête.

Ces gens devraient confier leur communication à Publicis.

En parlant de Publicis : Métrobus débouté, mais Ouvaton asséchée.