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Category: musique

Weird in a different way

Weird in a different way

« La forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel » — Baudelaire

Je relance ce weblog tombé en déshérence avec l’intention de partager avant tout mes découvertes et plaisirs musicaux, à travers vidéos et morceaux en streaming. Les encouragements à explorer livres, films, expositions… ainsi que les liens occasionnels vers d’autres contenus intéressants seront également présents, mais à fréquence moindre. J’espère limiter le contenu éditorial n’ayant pas de rapport avec ces sujets ; nous verrons.

J’inaugure cette approche ressérée par la publication de mon “top 2012” : mes albums, expériences culturelles au sens larges, et (nouveauté !) expériences gustatives, préférés parmi la production ou les découvertes de l’année passée.
Et pour reprendre en fanfare, un extrait de mon album favori de 2012, celui de Divine Fits, la réunion étincelante de Britt Daniel, en pause de Spoon et dont c’est le sixième album excellent d’affilée, et de Dan Boeckner, ex- de Handsome Furs et de Wolf Parade. Les chats ne font pas des chiens.

Satan Rocks !

Satan Rocks !

Bon Diable, qu’est-ce que j’ai ri ! Hatred, groupe de metal pré-adolescent et écossais, doit donner son premier concert dans deux semaines. C’est encore plus drôle que ce docu hilarant sur Metallica où James Hetfield se casse de répét’ tous les jours à quatre heures (de l’après-midi) car sa femme ou son psy (je ne sais plus) l’oblige à aller chercher son gamin à la crèche. Trop metal !

En plus ça se finit bien, et il y a là-dedans le papa le plus cool de toute la terre.
(File under: Les beaux gosses)

La musique classique, c’est électrique

La musique classique, c’est électrique

Slate.fr : La musique classique, c’est vraiment fantastique.

[A la Blogothèque], nous nous auto-censurions en bons prisonniers du cliché qui veut qu’une très solide culture, supposée grande ou supérieure, soit un pré-requis indépassable pour pouvoir comprendre [la musique classique]. Mais est-ce vraiment un cliché?

Ça parait tout simplement aberrant à première vue. Ça revient à considérer qu’il faut être capable d’identifier chaque sample d’un morceau de hip-hop pour en comprendre le propos, ou qu’il faut avoir été anthropologue à Tombouctou pour comprendre le jeu de Toumani Diabaté.

Mis à part un titre et un chapeau qui me font un peu crisser les dents, mon ex-camarade Alexandre offre là un excellent plaidoyer pour la musique notée, celle qui dure depuis un peu plus longtemps que Robert Johnson et qui doit donc peut-être n’être pas si inintéressante que ça.

Révolutions d’opéra

Révolutions d’opéra

L’opéra est un art qui peut être tellement fort, tellement intime, qu’il a déjà été, par deux fois, l’origine d’une révolution.
En 1830, une représentation de La Muette de Portici d’Auber (un français) à la Monnaie de Bruxelles galvanisera l’énergie des révolutionnaires (« Non, plus d’oppresseurs, plus d’esclaves / Combattons pour briser nos fers ») et aboutira à la création de la Belgique après séparation d’avec les Pays-Bas.

Quelques années plus tard, en 1842, Giuseppe Verdi donne à la Scala la première de Nabucco. Milan est occupée par les Autrichiens, dans l’œuvre les Hébreux — incarnés par un choeur omniprésent et personnage à part entière — sont opprimés par les Assyriens et leur roi, Nabuccodonosor. La douleur de l’oppression et le courage de la résistance du peuple parlent aux milanais. Au troisième acte, le célebrissime Va, pensiero résonnera pendant de longues années comme le chant de la libération en marche, et figure encore aujourd’hui comme hymne national bis. La fin de l’occupation adviendra six années plus tard, en 1848, dans le cadre du Risorgimento, la « résurrection » d’une Italie unie après des siècles d’éclatement en états pontificaux, cités-états et royaumes régionaux.
A l’occasion des 150 ans de l’Italie réunifiée, Nabucco a été donné à Rome il y a quelques jours par Riccardo Muti. La vidéo ci-dessous présente le Va, pensiero, qui est bissé (fait exceptionnel) et repris par le public après une intervention du maestro Muti, qui fustige le traitement de la Culture par le gouvernement. Berlusconi est dans la loge présidentielle. A côté d’un cardinal. C’est un moment exceptionnel.