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Author: manur

Carnet noir et rouge (poésie)

Carnet noir et rouge (poésie)

« It’s such a little thing to weep,
So short a thing to sigh;
And yet by trades the size of these
We men and women die! »

— Emily Dickinson

C’est chose si infime de pleurer,
Si brève chose de soupirer;
Et pourtant par commerces de cette ampleur
Nous hommes et femmes mourrons !

« Comment cacher ce qui m’habite
Quand tu ne me regardes plus
Mon cœur bat mal mon cœur bat vite
Comme un suicide irrésolu »

— Aragon, Elsa

« Il ne s’est à peu près rien passé et pourtant il nous est impossible de nous délivrer du vertige,
Quelque chose s’est mis en mouvement, des puissances avec lesquelles il n’est pas question qu’on transige,
Comme celles de l’opium ou du Christ, les victimes de l’amour sont d’abord des victimes malheureuses
Et la vie qui circule en nous ce matin vient d’être augmentée dans des proportions prodigieuses. »

— Michel Houellebecq, Le sens du combat

« Confutatis maledictis,
Flammis acribus addictis :
Voca me cum benedictis.

Oro supplex et acclinis,
Cor contritum quasi cinis :
Gere curam, mei finis. »

— W.A. Mozart, Confutatis du Requiem

Après avoir réprouvé les maudits
Leur avoir assigné le feu cruel
Appelez-moi parmi les élus.

Suppliant et prosterné, je prie,
Le cœur brisé et réduit en cendres :
Prenez soin de mon heure dernière

« L’essence du révolutionnaire ne consiste ni dans une foi (toujours niaise) ni dans une information (toujours incomplète) ni en des disciplines (toujours périmées), mais dans un certain état de disponibilité et de courage. »
— Emmanuel Berl

Caravan Je n’ai découvert Joann Sfar qu’assez récemment, mais je dois dire que j’adore. De mon petit panthéon personnel, il a gravé les marches jusqu’aux plus hauts balcons. Son nouveau carnet chez l’Association, Caravan (un blog papier, si on veut), est comme à l’habitude génial, beau, excessivement intelligent, formidablement humain. Quelques morceaux choisis ; il y en a 800 pages comme ça, avec en moyenne un peu plus de dessins tout de même.

© J. Sfar 2005

© J. Sfar 2005

© J. Sfar 2005

© J. Sfar 2005
Il faudra que je prenne un jour le temps de revenir sur ce merveilleux concept, qui fait partie de mes préoccupations depuis un moment, et auquel Joann Sfar a donné le beau nom de Cubisme Philosophique. Revenir sur le fait qu’un -isme n’est qu’une grille de lecture du monde, sur Kark Popper et la théorie (en réalité, sur ce que j’en ai retenu), sur le structuralisme et peut-être sur la Qualité.

PS: Joann Sfar, le site

Connasse Analphabète en Marketing Direct : Allo bonjour monsieur B., c’est pour une enquête sur vos aspirations patrimoniales bla bla bla impôts bla bla pouvoir d’achat bla bla retraite bla bla bla ?
Moi : Peut-être.
CAMD : Très bien, merci monsieur. Et maintenant avant de conclure, afin de pouvoir valider ultérieurement que vous êtes la bonne personne si nous vous rappelons, pouvez-vous m’indiquez votre sport ou passe-temps favori ?
Moi : La littérature.
CAMD : …
Moi : …
CAMD : Li. Té. Ra. Tur. C’est un sport monsieur ?
Moi : Non. C’est un passe-temps.

Satané Blogger, qui change sans prévenir la structure des billets publiés. Du coup, mon script de génération de flux RSS est vérolé, et je n’arrive pas à le réparer. J’ai donc basculé sur le flux ATOM automatique de Blogger, désolé pour les désagréments.

Il est certainement possible de réparer mon script, mais là je n’en ai ni le temps ni l’envie. Si ça amuse un guru des expressions régulières en PHP, qu’il me contacte.

Grâce aux Google Maps, voici une magnifique vue satellite d’Angkor. Le gros carré vert foncé au milieu, c’est Angkor Thom, la « grande ville », principal élément des nombreuses capitales de l’Empire Khmer qui se sont succédées ici entre le IXème et le XIIIème siècle de notre calendrier. Un peu en dessous, le rectangle entouré d’eau (des douves), c’est Angkor Wat, le temple que l’on voit sur toutes les photos.
Mais le plus flagrant c’est ce gros rectangle d’eau un peu à l’ouest, le Baray Occidental. C’est un lac artificiel monté à partir de quatre digues massives qui tiennent depuis huit siècles. Il permettait d’irriguer toute l’année les plaines en contrebas, grâce à des canaux, et de produire deux voire trois récoltes de riz par an. Exploit en lequel certains devinent la raison de la prospérité de l’Empire Khmer, qui à son apogée contenait toute notre Indochine, de la Thaïlande au Vietnam actuels.
Il y avait un deuxième Baray à l’est, dont on devine les contours. Il a été détruit par les Siamois, je crois, quelques siècles plus tard.

Ce qui est fascinant à Angkor, c’est que toute trace de vie humaine de cette époque a disparu. Tout était construit en bois, et tout s’est désagrégé depuis longtemps. Seuls restent les constructions de pierre, toutes religieuses, largement exemptes de tout indice sur le contexte historique et urbanistique (à l’exceptions de quelques stèles généalogiques) dans lequelles elles prirent place. C’est un monde étrange, oublié, au confluent de l’hindouïsme et du bouddhisme, que seule l’imagination peut reconstruire.

Via cette référence des monuments du Patrimoine Mondial de l’Unesco dans Google Maps.
[Merci jm.]