Mediatic
« Arguing with a stranger over 140 characters or a media headline is like bombing Iraqis because of WMDs. »
— Me.
« Arguing with a stranger over 140 characters or a media headline is like bombing Iraqis because of WMDs. »
— Me.
Alex Ross, The Naysayers — The New Yorker, 15 sept. 2014
“Walter Benjamin, Theodor Adorno, and the critique of pop culture.”
Si un génie m’avait accordé un texte (brillantissime) sur un sujet criminellement vague pour moi et un auteur pour le clarifier, j’aurais probablement choisi Alex Ross sur l’Ecole de Francfort.
L’internet des longreads c’est un peu la lampe magique.
Update : justement sur (un peu) le même thème, ceci :
Adam Leith Gollner, An Investigation Into the Reappearance of Walter Benjamin — 11 sept. 2014
“Now, seventy-four years after his death, Walter Benjamin is releasing Recent Writings, a new collection of nine essays written between 1986 and 2013.”
Charmant petit documentaire (26 minutes), malgré la voix de PPDA, sur cette femme étonnante, hors de son siècle, que fut Alexandra David-Néel, et sa maison à Digne. Véritable intellectuelle, arpenteuse infatigable, anarchiste, féministe, bouddhiste ardente, écrivain magnifique, parfois péremptoire et simpliste comme peuvent l’être les précurseurs fascinés, souvent juste et bienveillante à rebours de son époque, coloniale et guérrière.
Cette petite chose ne fait qu’effleurer tout cela, mais avec une élégance si peu télévisuelle qu’il faut la saluer.
Un superbe documentaire sur dEUS datant de 2009, probablement à réserver aux fans. J’imagine qu’il a été produit à l’occasion de la re-issue de leur premier album, Worst Case Scenario — c’en est le making-of, avec des interviews du line-up original (incluant donc Stef Kamil Carlens et Rudy Trouvé). Cela s’appelle Time is the state of my jeans :
Deux passages particulièrement marquant, chacun à leur manière, pour lesquels je n’ai pu me retenir de faire le storyboard :

Afin de traverser le Marais, il aimait faire le court détour qui passait par la rue des Rosiers. Esquivant les rabatteurs des restaurants de falafels et les tracts des missionnaires orthodoxes, il se plaisait à observer les jeunes et souvent jolies ashkénazes américaines, dépaysées dans ce shtetl anti-haussmannien et illuminées par la promesse d’un encas aux réminiscences familiales.« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas ;
À l’austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas. »
— Félix Arvers, « Le Sonnet d’Arvers » (1833)
Wikipedia : « Aujourd’hui on a du mal à trouver quelques personnes qui connaissent encore le nom de l’auteur et on a de la peine à penser qu’au XIXe siècle non seulement ce poème était sur toutes les lèvres, mais on ne cessait de s’interroger sur l’identité de la femme mystérieuse. »
« Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c’est une morale d’état civil. »
— Michel Foucault, L’Archéologie du Savoir
« It is possible to think of language as the most versatile, and maybe the original, form of deception, a sort of fortunate fail; I lie and am lied to, but the result of my lie is mental leaps, memory, knowledge… I become human, and increasingly more human, because the acrobatic gift of my lie tears into a truth of another sort. »
— Paul Zweig
Sophie Brickman, The History of the Ramen Noodle — The New Yorker, may 2014
C’est ce que, souvent, j’ai l’impression que la presse américaine, dans ses incarnations les plus brillantes, est capable de faire, et que la presse française est tellement navrante qu’elle n’a même pas l’idée d’essayer, même pas l’idée que c’est possible.
Etre passionnant et érudit en parlant de quelque chose d’apparemment trivial. Tout en étant drôle, tout en étant respectueux de son sujet. Tout en écrivant avec style.