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Author: manur

Libération a un dossier sur Morgan Spurlock, qui n’a mangé qu’au McDonald pendant un mois et en a tiré un film, Super Size Me. Interview :

Il s’est passé quand même trois choses, qui correspondent aux problèmes de santé les plus médicalisés aux Etats-Unis. Quand je mangeais, je me sentais bien mais le reste du temps j’étais très dépressif. Pour cela, il y a le Prozac. J’ai souffert d’impuissance sexuelle, qu’on traite en général avec du Viagra. Enfin, je ne pouvais pas me concentrer, avec tous les symptômes d’une hyperactivité. A nos enfants hyperactifs, on donne de la Ritaline.

Libération au festival du film d’entreprise du Creusot

« Le travailleur est devenu un consommateur qu’il faut séduire. A une époque, on filmait les ouvriers endimanchés devant leur machine, avec des lumières étudiées, et souriants. Désormais, il n’est même plus question de travestir la réalité du travail. On parle d’autre chose. »

Grâce à Pascal Riché, je comprends désormais mieux comment fonctionne l’élection présidentielle américaine.

Et sur ce site personnel, on visualiser une carte qui présente la tendance de chaque Etat. On y voit bien les deux hot spots bushistes : le Midwest et le Sud sécessionniste (ambiance Requiem for a Dream ?).

En Grande-Bretagne sort une nouvelle traduction de la Bible. Sa particularité ? Utiliser un langage immédiatement accessible à la majorité des anglophones (Pierre devient “Rocky”, Marie-Madeleine “Maggie”…), et revenir sur six siècles de choix de traduction réactionnaires (ainsi, Paul n’a plus de problèmes particuliers vis-à-vis de la fornication — les relations sexuelles hors mariage). Il n’est pas sûr que la qualité littéraire du texte en sorte indemne :

Matthew 26:69-70

Authorized version: « Now Peter sat without in the palace: and a damsel came unto him, saying, ‘Thou also wast with Jesus of Galilee.’ But he denied before them all, saying, I know not what thou sayest. »

New: « Meanwhile Rocky was still sitting in the courtyard. A woman came up to him and said: ‘Haven’t I seen you with Jesus, the hero from Galilee? » Rocky shook his head and said: ‘I don’t know what the hell you’re talking about!' »

Je crois que la grande tâche des années à venir va être d’apprendre aux gens à écrire un e-mail, particulièrement lorsqu’il est adressé à un inconnu.

  1. Bonjour
  2. Je me présente
  3. Je vous écris parce que
  4. Je serais heureux d’une réponse dans tel délai, mais sinon je ne vous en voudrai pas
  5. Respectueusement/Amicalement,
  6. Signature

Je n’arrive pas à comprendre dans quel référent culturel les gens ont été rechercher l’inepte règle couramment appliquée :

Tous les points, sauf le 3, sont facultatifs.

Il y aurait aussi des choses du même ordre à évoquer en ce qui concerne la rédaction des commentaires.

Pour moi, un des sommets de la coolitude de nos jours, c’est d’avoir moins de trente ans et d’être compositeur de musique «contemporaine». Dans une culture où la musique n’est généralement appréciée qu’après avoir été assénée répétitivement par ondes hertziennes des jours, voire des années durant, quelle classe anachronique !

Signalé par Salon, voici le site de Nico Muhly, new-yorkais de vingt-trois ans qui prouve qu’on peut avoir encore quelques problèmes de peau ET arborer la suprème classe d’avoir travaillé pour Philip Glass et d’avoir ses œuvres interprétées par l’orchestre universitaire. Le critique musical du New Yorker est dithyrambique.

A écouter So to speak, dernière œuvre enregistrée (pour un petit orchestre), on comprend pourquoi.