Archives de catégorie : citation

Le langage

« Les travaux par lesquels LeBov fut connu, finalement, traitaient du problème du langage, le mot problème étant, selon lui, un euphémisme. Il soutint durant la plus grande partie de sa vie professionnelle que le langage devait être compris, abstraction faite de son utilité marginale en tant que technique de communication – peut-on honnêtement dire que ça fonctionne ? – comme une pollution. »
— Ben Marcus, L’Alphabet de flammes

Here I Am

« No baby knows when the nipple is pulled from his mouth for the last time. No child knows when he last calls his mother ‘Mama.’ No small boy knows when the book has closed on the last bedtime story that will ever be read to him. No boy knows when the water drains from the last bath he will ever take with his brother. »
– Jonathan Safran Foer, Here I Am

Art kills time

“Art’s a funny thing, doesn’t seem to have any connection with our lives, just gets itself made—and when it is good there’s no time in it at all. Kills time, that’s art. Brings up a lot of old ideas we thought were dead. Not dead at all. Time can’t kill anything, says art. Art kills time.”
— William Carlos Williams, A Voyage to Pagany

Peau de chagrin

« L’amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d’un moelleux tissu d’Orient, et, la plupart du temps, il la possède sur un grabat. L’ambitieux se rêve au faîte du pouvoir, tout en s’aplatissant dans la boue du servilisme. Le marchand végète au fond d’une boutique humide et malsaine, en élevant un vaste hôtel, d’où son fils, héritier précoce, sera chassé par une licitation fraternelle. Enfin, existe-t-il chose plus déplaisante qu’une maison de plaisir ? Singulier problème ! Toujours en opposition avec lui-même, trompant ses espérances par ses maux présents, et ses maux par un avenir qui ne lui appartient pas, l’homme imprime à tous ses actes le caractère de l’inconséquence et de la faiblesse. Ici-bas, rien n’est complet que le malheur. »

« J’avais, sans doute, trop de naïveté pour une société factice qui vit aux lumières, qui rend toutes ses pensées par des phrases convenues, ou par des mots que dicte la mode. »

« Au moment, où tout à fait absorbé par sa douce rêverie, Raphaël avait oublié son journal, Pauline le saisit, le chiffona, en fit une boule, le lança dans le jardin et le chat courut après la politique qui tournait, comme toujours, sur elle-même. »

— Honoré de Balzac, La Peau de chagrin

The absence of noise

« There are some resources that we hold in common, such as the air we breathe and the water we drink. We take them for granted, but their widespread availability makes everything else we do possible.
I think the absence of noise is a resource of just this sort. More precisely, the valuable thing that we take for granted is the condition of not being addressed. Just as clean air makes respiration possible, silence, in this broader sense, is what makes it possible to think. »

— Matthew B. Crawford, The World Beyond Your Head: On Becoming an Individual in an Age of Distraction

Justice militaire

« L’armée étant une administration comme l’agriculture, les finances ou l’instruction publique, on ne conçoit pas qu’il existe une justice militaire quand il n’existe ni justice agricole, ni justice financière, ni justice universitaire. Toute justice particulière est en opposition avec les principes du droit moderne. Les prévôtés militaires paraîtront à nos descendants aussi gothiques et barbares que nous paraissent à nous les justices seigneuriales et les officialités. »
— Anatole France, L’anneau d’améthyste (1899)

F.D.R.

« Practices of the unscrupulous money changers stand indicted in the court of public opinion, rejected by the hearts and minds of men.

True they have tried, but their efforts have been cast in the pattern of an outworn tradition. Faced by failure of credit they have proposed only the lending of more money. Stripped of the lure of profit by which to induce our people to follow their false leadership, they have resorted to exhortations, pleading tearfully for restored confidence. They know only the rules of a generation of self-seekers. They have no vision, and when there is no vision the people perish.

The money changers have fled from their high seats in the temple of our civilization. We may now restore that temple to the ancient truths. The measure of the restoration lies in the extent to which we apply social values more noble than mere monetary profit.

Happiness lies not in the mere possession of money; it lies in the joy of achievement, in the thrill of creative effort. The joy and moral stimulation of work no longer must be forgotten in the mad chase of evanescent profits. These dark days will be worth all they cost us if they teach us that our true destiny is not to be ministered unto but to minister to ourselves and to our fellow men. »

« Les pratiques des usuriers sans scrupules se trouvent dénoncées devant le tribunal de l’opinion publique, rejetées aussi bien par les cœurs que par l’intelligence des hommes.

A la vérité, ils ont essayé. Mais leurs efforts portaient l’empreinte d’une tradition périmée. Confrontés à l’effondrement du crédit, ils n’ont proposé qu’un surcroît de crédit. Dépouillés de l’appât du profit par lequel ils induisaient notre peuple à suivre leur fausse direction, ils en vinrent aux exhortations, plaidant la larme à l’œil pour le retour de la confiance. Ils ne connaissent que les règles d’une génération d’égoïstes. Ils n’ont aucune vision, et sans vision le peuple périt.

Les usuriers ont fui les hautes chaires du temple de notre civilisation. Nous pouvons maintenant rendre ce temple aux anciennes vérités. La mesure de cette restauration dépend de l’ampleur avec laquelle nous mettrons en œuvre des valeurs sociales plus nobles que le simple profit monétaire.

Le bonheur ne se trouve pas dans la simple possession de l’argent ; il se trouve dans la joie de la réussite, dans l’excitation de l’effort créateur. La joie et la stimulation morale tirées du travail ne doivent plus être oubliées dans la course folle envers des profits évanescents. Nous trouverons dans ces jours sombres plus que ce qu’ils nous ont coûtés s’ils parviennent à nous enseigner que notre véritable destin n’est pas d’être secourus mais de nous secourir nous-même et de secourir nos semblables. »

− Franklin Delano Roosevelt, First Inaugural Address (March 4th, 1933).