Archives de catégorie : blogging

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Quit the News!

David Cain : Five Things You Notice When You Quit the News

« The news provides information in infinite volume but very limited depth, and it’s clearly meant to agitate us more than educate us. Every minute spent watching news is a minute you are unavailable for learning about the world in other ways.
Read three books on a topic and you know more about it than 99% of the world. »

J’applique les conseils proposés par D. Cain depuis de nombreuses années, à la fois par choix conscient et en préservation de ma santé mentale. Les rechutes, dans la salle d’attente d’un médecin ou devant l’écran d’un lieu public branché sur une chaîne d’« informations », sont assez peu agréables et me confirment dans mon hygiène de vie.

It hurts to look at you

Une belle oral history de la série My So-Called Life, avec mon chouchou Brian Krakow qui 22 ans après est toujours le plus intelligent : The Agony And The Angst : An Oral History of My So-Called Life (Elle.com).

Si vous en voulez plus, quelques dollars permettent d’acquérir le livre génial de Soraya Roberts : In My Humble Opinion. C’est subtil, moderne, réjouissant et très très bien écrit.

La frange sordide

« [Dans une ville] il doit y avoir par endroits des franges un peu sordides où des services ou activités très importantes mais payant de très faibles loyers peuvent s’implanter. Où peuvent aller les bouquinistes, le naturaliste, le magasin de papillons, le studio du professeur de musique, le magasin philanthropique, la personne qui fait des cuillères en bois, le dessinateur de lettres, le marchand de pommes et de caramels, le réparateur de trombones, la clinique alcoolique, la librairie pornographique, le marchand de haschich. C’est tout ça qui fait qu’une ville est une ville au moins autant que cette maudite architecture. »
— Michael Welbank, architecte et urbaniste, courrier de 1968 à l’Etablissement Public d’Aménagement de Cergy-Pontoise.

Le génie des lieux

Cette belle série de France Culture sur l’architecture moderne (et nécessairement l’urbanisme attenant) a joliment accompagné mon été : Le génie des lieux. Je recommande un podcastage intense, d’autant que chaque épisode ne dure d’une demi-heure, c’est assez facile à entreprendre.

Les lieux évoqués sont : la maison de Jean Prouvé (à Nancy), le Centre Pompidou, les Olympiades, l’aéroport d’Orly, la Grande-Motte, la chapelle de Ronchamp par Le Corbusier, le supermarché de Ris-Orangis par Claude Parent, et La Défense.

Nouvelle Ville

« Delouvrier, mettez-moi de l’ordre dans ce bordel ! », citation apocryphe de De Gaulle à Paul Delouvrier, qui créera les cinq Villes Nouvelles de la région parisienne.

Les deux balades sonores consacrées à la ville de Cergy par Les Voix d’Ici sont une réussite fabuleuse.
C’est sympatique, rigoureux, passionnant et même parfois émouvant.

A télécharger ici et à écouter avec ses pieds, à 50 minutes de RER de Châtelet :

Top 2015, fin

Pour rappel vous pourrez écouter des extraits de ces 30+ albums sur ces deux playlists Spotify : celle des albums #16 à #30, et celle des #1 à #15 (désormais complète).


Vous pouvez également écouter une playlist de super chansons découvertes en 2015, sans ordre particulier. Vous y ajouterez le soundcloud de Cabane, car le morceau n’est plus disponible sur Spotify.

Enfin vous retrouverez le classement complet sur la page des tops ainsi que quelques coups de cœur supplémentaires (concerts, livres…).

Top 2015 (#25)

25. Anonymous Choir – Sings Leonard Cohen

Le Anonymous Choir est une chorale féminine de Minneapolis dirigée par l’admirable Nona Marie Invie, qui chante lead et s’accompagne au piano. Après une fantastique relecture intégrale de After The Gold Rush il y a deux ans, ce nouvel album offre certaines des meilleures chansons de Leornard Cohen dans des arrangements pour chœur somptueux. Le concept était assez périlleux et le résultat témoigne une nouvelle fois du talent de Nona Marie Invie, par ailleurs chanteuse et compositrice du brillant groupe de folk racé Dark Dark Dark.

Aparté : Philippe Dumez porte une double responsabilité dans ce classement et dans la germination de cette idée saugrenue d’y apporter un enrichissement éditorial. D’une part il s’est enquis récemment de ce que j’écris actuellement, ce qui est flatteur et encourageant, et d’autre part je lui dois ma découverte du Anonymous Choir.

Il est impossible de résumer tout ce que Philippe nous a apporté depuis quinze ans (même les gens du Figaro le qualifient, fort justement, de « chic type ») mais si je dois choisir je vous recommande chaleureusement de lire en intégralité son blog Les Ecumeurs, qui regroupe entretiens et photographies de ces fous furieux que l’on croise à tous les concerts à Paris, ainsi que son tout récent livre Basse Fidélité, aux éditions Le Mot et le Reste. Pour en avoir lu une première version auto-éditée il y a quelques années, je peux certifier que ce Je me souviens d’un immense fan de musique est drôle, passionnant et délicieux.

Top 2015 (#26)

26. Israel Nash – Israel Nash’s Silver Season

Difficile d’aborder Israel Nash sans admettre immédiatemment que oui, on ne trouve aucun musicien aujourd’hui qui ne soit plus redevable à Neil Young. Mais il faut alors ajouter aussitôt que Silver Season est un bien meilleur album que tous ceux qu’a enregistré Neil Young* depuis dix ans, même en incluant les bons (qui commencent à dater peu). Et c’est la seconde fois qu’il nous fait le coup (cf. Rain Plans).

Il n’y a personne aujourd’hui qui produise de rock cosmique si farouchement américain, qui fasse sonner chaque corde de sa guitare si nettement au milieu d’un glorieux tapage, qui compose avec une telle facilité des morceaux qui sonnent comme des classiques oubliés d’une apocryphe septième face de Decade.

* Le bon usage de la langue française voudrait qu’ici, plutôt qu’une répétition du nom de Neil Young, j’écrive The Loner ; mais si ma prose a bien des défauts, il est hors de question que je sonne comme du Philippe Manoeuvre. Si un jour j’écris un blog d’Histoire de l’art (spoiler : ça n’arrivera pas), il n’y a aucune chance que vous me voyez nommer le peintre de la Cène « Léonard », comme si nous étions de vieux potes. En revanche le seul « Johnny » digne qu’on lui consacre de l’attention dans cette courte vie est bien, comme vous vous en doutez, Johnny Cash.

Top 2015 (#27)

27. Ivan & Alyosha – It’s All Just Pretend

Le premier album d’Ivan & Alyosha m’avait enchanté. De façon regrettable, la sortie en mai d’un deuxième opus m’échappa, omission que je ne réparais qu’à l’automne. Pourtant ce groupe impeccable à trois songwriters y poursuit avec une admirable constance l’écriture de belles chansons, aux arrangements folk-pop classiques et éminemment agréables. L’alto précis et séducteur de la voix de Tim Wilson est certainement leur qualité majeure.

Ces garçons sont portés par le même label que les Lumineers et je ne vois pas pourquoi ils n’accéderaient pas, peut-être à l’occasion de leur prochain disque, au même genre de succès populaire.